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Pourquoi être enseveli dans l'église plutôt qu'au cimetière?

jouhanneau
male
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Bonjour,

je m'interroge sur la raison de l'enterrement dans l'église de Pujols sur Dordogne de mes sosas 353 et 176 (mère et fils) à 5 jours d'intervalle, le fils assistant à l'enterrement de sa mère, le 9 décembre 1752 ; il y sera enterré lui-même le 14 décembre suivant.

La première question que je me pose est, pourquoi cet enterrement dans l'église? (il n'est pas fait état d’un quelconque droit de sépulture à l’intérieur de l’église ou d'une somme versée à cette occasion.)

La seconde, (accessoirement) y a-t-il eu une épidémie à cette époque dans le bordelais?

Cordialement,
MJ.

bricor
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Bonjour,

pour savoir s'il y a eu une épidémie, il suffit de comparer la quantité d'actes de décès de cette année là et des autres années.

S'il n'y a pas d'autres décès que cette femme et son fils, il faut penser à :

- une infection locale comme une dysenterie

- à un plat toxique (champignons s'il y en avait encore en décembre ?)

- à un feu de cheminée qui a dégénéré (mais le fils ne serait pas présent à l'enterrement de sa mère s'il avait été brûlé)

Les gens qui se faisaient enterrer dans l'église étaient en général les familles de notables de la ville. C'est pour des raisons d'hygiène qu'on a arrêté cette tradition.

Cordialement

Brigitte
Modératrice bénévole sans lien de subordination avec généanet.

Mes relevés des Vaudois du Luberon :
https://gw.geneanet.org/essaisbrigitte
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"A l'an que vèn, e se sian pas mai que siguen pas mens"

pelisson
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jouhanneau schreef:
13 april 2021, 14:08
Bonjour,

je m'interroge sur la raison de l'enterrement dans l'église de Pujols sur Dordogne de mes sosas 353 et 176 (mère et fils) à 5 jours d'intervalle, le fils assistant à l'enterrement de sa mère, le 9 décembre 1752 ; il y sera enterré lui-même le 14 décembre suivant.

La première question que je me pose est, pourquoi cet enterrement dans l'église? (il n'est pas fait état d’un quelconque droit de sépulture à l’intérieur de l’église ou d'une somme versée à cette occasion.)

La seconde, (accessoirement) y a-t-il eu une épidémie à cette époque dans le bordelais?

Cordialement,
MJ.
Bonjour,
1/ En général, ce privilège est réservé aux personnes aisées et/ou privilégiés, qui paient pour obtenir le droit d'être "au plus près de Dieu".
2/ Une famine est évoquée à cette époque mais il peut aussi avoir des décès dus à une maladie sans qu'elle soit une épidémie.
http://angeneasn.free.fr/epidemies.htm
http://www.cglidf.fr/spip/spip.php?article130
Cordialement
Pelisson

jouhanneau
male
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Merci à Brigitte et Pelisson pour leurs réponses, j'ai vu qu'en effet 1752 était une année de famine dans le sud-ouest, faisant suite à une année de grande sécheresse en 1751.

6 décès en décembre 1751 pour 8 décès en décembre 1752 à Pujols ; ne s'agit-il pas plutôt d'un problème familial? un empoisonnement par exemple? Il n'est par rare par ici de trouver des champignons au mois de décembre lorsque le temps est doux (amanite phalloïde?) :oops:

Concernant leur ensevelissement dans l'église, c'est une famille de laboureurs et d'artisans qui n'est pas qualifiée de "bourgeois de Pujols" mais certainement apparentée à une famille de notaires implantée à St-Pey-de-Castets, dès le XVe siècle, ceci explique peut-être cela? Famille, toujours restée catholique dans un environnement plutôt protestant :?:

Malheureusement, tout ça n'est qu'hypothèse!

pelisson
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jouhanneau schreef:
13 april 2021, 17:50
Merci à Brigitte et Pelisson pour leurs réponses, j'ai vu qu'en effet 1752 était une année de famine dans le sud-ouest, faisant suite à une année de grande sécheresse en 1751.

6 décès en décembre 1751 pour 8 décès en décembre 1752 à Pujols ; ne s'agit-il pas plutôt d'un problème familial? un empoisonnement par exemple? Il n'est par rare par ici de trouver des champignons au mois de décembre lorsque le temps est doux (amanite phalloïde?) :oops:

Concernant leur ensevelissement dans l'église, c'est une famille de laboureurs et d'artisans qui n'est pas qualifiée de "bourgeois de Pujols" mais certainement apparentée à une famille de notaires implantée à St-Pey-de-Castets, dès le XVe siècle, ceci explique peut-être cela? Famille, toujours restée catholique dans un environnement plutôt protestant :?:

Malheureusement, tout ça n'est qu'hypothèse!
Il y a aussi des maladies qui vont toucher 2 ou 3 personnes d'un foyer, sans pour autant être une épidémie qui frappe toute une région.
Concernant l'enterrement, le degré dépend peut être des régions mais globalement les laboureurs sont des paysans riches, qui peuvent donc prétendre à cette place dans l'église.
Pelisso,

jacquesciterne
jacquesciterne
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Bonjour,

Personnellement j'ai dans mon ascendance des journaliers enseveli dans l'église parce que le sol du cimetière était trop gelé. (En montagne bourbonnaise)
N'oubliez qu'une simple maladie contagieuse comme la grippe pouvait décimer toute une famille. Pas besoin de dysenterie ou de peste.
Cordialement

Jacques

rohou1
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En fait, c'était une mode à l'époque, répandue presque partout en France. Le défunt se trouvait ainsi plus près de Dieu. La fosse pour ensevelir était peu profonde, 60 à 80 cm sous la dalle, et l'on déposait les reliques au dessous quand on rouvrait la fosse pour un autre membre de la famille. A l'extérieur, on enterrait les non baptisés, les suicidés et les condamnés à mort. La fosse étant peu profonde, il arrivait que les porcs élevés en liberté ne déterre les restes d'un défunt. En Bretagne, vers 1750, suite à la peste bubonique, il n'y avait plus de place pour enterrer dans les églises. On dut se résigner à enterrer dehors, et on emmura le cimetière. Les évêques profitèrent pour mettre fin à cette pratique.
lucien rohou

jouhanneau
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rohou1 schreef:
18 april 2021, 08:50
En fait, c'était une mode à l'époque, répandue presque partout en France. Le défunt se trouvait ainsi plus près de Dieu. La fosse pour ensevelir était peu profonde, 60 à 80 cm sous la dalle, et l'on déposait les reliques au dessous quand on rouvrait la fosse pour un autre membre de la famille. A l'extérieur, on enterrait les non baptisés, les suicidés et les condamnés à mort. La fosse étant peu profonde, il arrivait que les porcs élevés en liberté ne déterre les restes d'un défunt. En Bretagne, vers 1750, suite à la peste bubonique, il n'y avait plus de place pour enterrer dans les églises. On dut se résigner à enterrer dehors, et on emmura le cimetière. Les évêques profitèrent pour mettre fin à cette pratique.
Bonjour,
Ce n'est pas le cas dans le sud-ouest, la plupart des gens sont enterrés dans le cimetière et seul quelques privilégiés, le sont dans l'église.
Cordialement,
MJ.

dbassanobarat
female
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"Ce n'est pas le cas dans le Sud-Ouest", dites vous " cela dépend de quel Sud Ouest ...

La question des sépultures dépend des coutumes et elle est liée aussi à l'héritage et à la structure familiale.

Le Bordelais c'est vague , on a une limite linguistique dans le Bordelais (entre langue d'oc et langue d'oïl), il y a une organisation familiale différente selon les lieux entre ce qu'Emmanuel Todd désigne comme "famille souche et famille nucléaire".
Cela dépend des "coutumes" ,qui ne sont pas seulement des "habitudes" régionales transmises par ouï-dire, mais qui sont des "systèmes" faisant "Droit", qui ont été l'objet de rédactions écrites dès le XVIème siècle mais écriture totalement achevée au milieu du XVIIIème.

Pour ce qui est de "l'extrême sud-Ouest" en gros le Pays-Basque, le Bas Adour, les Landes de Gascogne, la Chalosse , le Tursan, mais aussi des parties du Médoc, l'Armagnac, l'Astarac les familles sont des familles souche selon la terminologie de Todd, l'aîné hérite de la maison, les "cadets " "tombent" de l'héritage.

Dans certains endroits c'est le droit d'aînesse strict : une femme peut être maîtresse (Dame daune en gascon), dans d'autres coutumes l'aîné est l'aîné des garçons, mais si il n'y a que des filles l'aînée hérite, dans d'autres ce sont les aînés mâles et la maison passe au second si la lignée aînée est éteinte.

Ce ne sont que les aîné/es et les maîtres (mestres) ou les Dames qui ont "droit de sépulture", le droit de sépulture n'est pas une somme d'argent dont il faut s'acquitter à chaque enterrement , c'est un Droit coutumier que la "maison" possède et que l'individu détient s'il répond à la condition d'aîné/e ou d'héritier/héritière. C'est être enterré dans l'église qui constitue ce droit.
Peut importe qu'ils soient nobles ou roturiers, bourgeois ou paysans exploitants, il faut que leur "maison" fasse partie de la communauté des "besins", des "voisins". Ce n'est pas un privilège ressortissant aux "ordres" de l'Ancien-Régime, c'est un privilège tenant à la "maison".
En bref, les maîtres des plus anciennes maisons fondatrices de la paroisse sont enterrées dans l'église .

Mais la place dans les cimetières semble elle aussi assignée, plus on est proche de l'église, mieux c'est ." Les cagots ou gésitains sont eux relégués "près de la muraille " ou dans "leurs fosses dans le petit cimetière", certes terre bénie mais on continue l'exclusion des parias au delà de la mort. Il y a même un acte que j'ai lu où le curé raccompagne le charpentier tombé qui répare l'église (cagot comme presque tous les charpentiers) jusqu'à la commune voisine où il est pris en charge par le curé qui va l'enterrer "dans leurs fosses près de la muraille".
On ne choisit pas sa tombe : le tombeau des prédécesseurs vous attend et vous ne pouvez pas "changer d'allée" au grès de votre désir ou volonté.

Mais comme partout il peut y avoir des inhumations par exception dans l'église si il y a inondation, si la terre est gelée (causes les plus fréquentes) ou si un individu exceptionnel ou un étranger à la paroisse proche du Seigneur du lieu vient à être enterré dans une tombe des maisons "voisines".

Presque tout les territoires au sud de la Garonne et a fortiori de l'Adour fonctionnent ainsi.

C'est vraiment le sud-ouest du sud ouest! et rappelez vous que Bordeaux était gasconne et parlait gascon: la place Pey Berland nous le signale.(Pey c'est la forme bordelaise de Pierre et le prénom de l'archevêque )...

Cordialement
Dominique

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